La nouvelle Economie sociale

  •  Survol historique des années 60 à nos jours
  •  Naissance et développement des composantes

par Jean Delespesse (15/09/1998)

introduction / années 60 / années 70 / années 80 / années 90 / annexe

 

Introduction

Le terme nouvelle économie sociale a commencé à être utilisé dans les années 80, pour souligner l’émergence d’une nouvelle vague dont la filiation vis-à-vis de l’ancienne économie sociale se marque par l’attachement aux mêmes principes. Mais cette filiation, pleinement reconnue, n’a pas empêché de prendre distance par rapport à ce qui est perçu comme une trop grande institutionnalisation des piliers chrétiens et socialistes de l’économie sociale.

Cette note ne s’attache pas à revisiter l’histoire ancienne de l’économie sociale. Je mentionnerai juste que lors de son essor au cours du 19ème siècle, le concept d’économie sociale couvrait trois types d’activité et se basait sur trois grands principes.

Cela a été forgé par une étroite imbrication entre les actions pionnières menées dans les milieux tantôt laïcs, tantôt chrétiens, tantôt socialistes (coopératives de production ou de consommation, caisses de solidarité,…), et les contributions de penseurs ou d’hommes politiques tels Frédéric Le Play, Charles Fourier, Joseph Proud’hon, Jean Jaurès, Charles Gide,…

Les 3 types d’activité étaient :

  • celles qui tendent à procurer un revenu plus élevé pour une moindre peine,
  • celles qui tendent à protéger l’individu contre les risques sociaux,
  • celles qui tendent à sauvegarder l’indépendance économique.

Les 3 grands principes étaient :

  • la liberté d’adhésion (principe de " la porte ouverte ")
  • la gestion démocratique (un homme – une voix, des dirigeants élus et contrôlés)
  • la primauté de l’homme sur le capital et l’impartageabilité des réserves

 

Années 60 :

Création des Ateliers protégés, dont l’évolution représente une dynamique d’ateliers au départ souvent de type occupationnel à des entreprises de travail adapté visant des performances économiques et une progression des travailleurs en compétences et en prise de responsabilité.

>loi du 16 avril 1963 :

  • obligation d’emploi pour les entreprises privées et les administrations publiques d’un certain nombre de personnes handicapées. Mais comme cela n’a pas été assorti de mesures coercitives, c’est resté du domaine des " belles intentions " .
  • principes de l’emploi des personnes handicapées et incitants à l’embauche précisés dans la convention collective de travail n° 26.
  • au lieu de développer l’intégration des personnes handicapées dans les circuits existants, sous l’impulsion de parents de personnes handicapées influents et déterminés, la voie empruntée sera celle de la création des ateliers protégés.

>Le manque de viabilité des ateliers protégés est compensé par des subventions publiques :

  • subventions de fonctionnement
  • subventions à la création, à l’agrandissement, à l’aménagement de locaux
  • intervention dans le salaire et les charges sociales ainsi que dans la médecine du travail
  • intervention dans la rémunération du personnel de cadre.
  • actuellement, les ressources des ETA proviennent, en moyenne pour moitié de leur chiffre d’affaires, et pour moitié des subventions publiques.

>La situation actuelle en quelques chiffres :

  • Belgique  : 160 ateliers protégés agréés, +/- 19.000 travailleurs.
  • Bruxelles  : 17 ateliers protégés agréés, +/- 1.500 travailleurs.
  • Région wallonne : 66 ateliers protégés agréés, +/- 6.500 travailleurs.

>blocage depuis 1992 :

  • du nombre d’ateliers agréés (pour en créer de nouveaux, il faut que des anciens disparaissent),
  • du nombre de travailleurs occupés. Ce nombre ne pourra augmenter au-delà de 500 en plus qu’en 1992, si les budgets le permettent.

>problème :

la CCT 43 septies modalisée dans la CP 327 prévoit pour tous les travailleurs handicapés 80 % du salaire minimum garanti en 1997 et 1998 (quasi un doublement du salaire horaire de la catégorie 5) et 100 % salaire minimum garanti à partir de 1999. C’est la fin de la dérogation au salaire minimum garanti précédemment accordée aux ateliers protégés. La différence de coût n’est pas complètement financée par les pouvoirs publics, ce qui peut entraîner des difficultés de rentabilité et conduire à des licenciements de personnes fortement handicapées.

>débats de fond : évolution vers quel futur ?

1° Création d’entreprises à finalité sociale au départ d’ateliers protégés ?

  • Y aura-t-il distinction entre 2 types de structures, selon les propositions de Claude Berg, directeur de l’ETA La Lorraine ?
  • des ETA à finalité sociale, capables de performances économiques, axées sur le marché
  • des ETA d’insertion, axées sur le pédagogique.

2° Ouverture des ETA par une mixité des publics ?

  • C’est une option déjà pratiquée par certaines ETA, par exemple B.W.Eupen ou Les Jeunes Jardiniers à Bruxelles, pour éviter d’installer des ghettos et/ou pour répondre aux besoins d’autres personnes socialement défavorisées.

>Conclusions:

Pendant 30 ans, il s’agissait d’un secteur fonctionnant " sur lui-même ", sans se relier à l’ensemble de l’Economie sociale. Depuis quelques années, il y a une volonté nette mais cependant pas unanime de se situer dans l’Economie sociale.


>Documents :

Courant communautaire : multiplication des communautés de vie qui connaîtront un summum après mai 68 et un déclin progressif fin des années 70, début des années 80. Il en reste néanmoins quelques très belles réalisations, par exemple la Communauté de la Poudrière implantée en 5 lieux ou les Communautés d’Emmaus. Il est important de souligner que de nombreux habitats groupés ont pris le relais des communautés, et qu’il est fréquent de retrouver d’ ex-communautaires à l’origine de la création d’entreprises d’économie sociale.

Années 70

  • en France, le terme Economie sociale resurgit, en consacrant l’approche " juridique " : mutualités, coopératives, associations.

  • apparition des nouvelles coopératives (de production), fin des années 70. Les objectifs sont d’entreprendre collectivement selon " un retour aux sources " des principes coopératifs, particulièrement la gestion démocratique. De forts accents sont souvent mis sur l’intégration dans un développement local, et sur le respect de l’environnement.
    Ce courant se développera dans les années 80 et stagnera à partir de 1990. Une image de fiasco est trop souvent véhiculée à ce propos. Car à côté d’échecs indéniables, (trop) souvent dus à des lacunes dans la conduite des projets, il y a aussi un nombre important de très belles réussites, telles Cherbais, menuiserie à Marche-en-Famenne, Copalgaume et Coserdi, entreprises de construction à Virton et à Dinant, la Ciaco, imprimerie-édition-librairie à Louvain-la-Neuve, La Bardane, aménagement d’espaces verts à Corroy-le-Grand, Loca-tentes, fabrication et location de chapiteaux à Nivelles, Les Trois Petits Fours, service traiteur biologique à Noville-les-Bois, etc…

  • le déclin des coopératives de consommation se précipite.
    Les coopératives de distribution de produits alimentaires et non-alimentaires constituaient les fleurons de l’ancienne économie sociale. La coopération de consommation a en effet toujours été beaucoup plus développée chez nous que la coopération de production. Leurs réseaux, surtout constitués de petites surfaces de proximité ne pourront résister à l’essor des moyennes et grandes surfaces. La chaîne coopérative EPECE, dépecée de restructuration en restructuration, en est un des exemples les plus frappant.
    Des initiatives naissent fin des années 70 et au long des années 80 : quelques nouvelles coopératives de consommateurs, par exemple Macoop à Nivelles, puis plus tard des systèmes de circuit court pour promouvoir des productions alimentaires biologiques ou de terroir, telles Les Paniers du pays lancés par Les Equipes Rurales.

  • développement autocentré : localement, des activités sont développées dans la perspective d’utiliser les ressources locales pour des activités dont les retombées servent à impulser un redéploiement du tissu économique local. C’est le cas des fromagerie et brasserie trappistes de Chimay, à partir desquelles s’est développé un outil de développement local.

  • les maisons médicales sont apparues dans ces années 70. Leurs optiques de pratiques d’autogestion, de reprise de pouvoir des patients sur leur santé et d’amélioration de l’accessibilité aux soins (entr’autres :médecine au forfait plutôt qu’à l’acte) les apparentent clairement à l’économie sociale. Elles sont actuellement plus de 30 en Communauté française, réunies au sein de la Fédération des Maisons Médicales.

  • le commerce équitable prend son envol avec les premiers Magasins du monde-Oxfam. L’enjeu est de soutenir des groupes de producteur du Sud par des actions de commerce équitable en faveur de l’emploi, des conditions de travail et des actions de développement durable. En mai 1998, 56 Magasins du monde ont vendu pour près de 80 millions bef., soit près du double du chiffre réalisé en 1992. Plus de 40 J’M du monde sont aussi actifs dans les écoles.
    Bien qu’ils soient les plus connus et les mieux implantés, les Magasins du monde ne sont pas la seule initiative de commerce équitable ; quelques asbl ou coopératives commercialisent des produits alimentaires ou artisanaux venant du Sud.

Années 80

  • les entreprises d’apprentissage professionnel (EAP, futures entreprises de formation par le travail), les organismes d’insertion socio-professionnels (OISP).

    Au début des années 80, la croissance du chômage et la montée de l’exclusion sociale provoquent la naissance de multiples initiatives associatives visant la formation et l’insertion de personnes précarisées : par l’alphabétisation, des actions communautaires, parfois spécialement destinées à des personnes immigrées, ou issues du Quart-Monde, ou s’adressant à des femmes, des activités culturelles, d’éducation permanente, etc...
    Parmi les formes diverses de reconnaissance et de soutien public, 2 sont généralement empruntées par les projets d’économie sociale : les OISP et les EFT.

  • les OISP recouvrent une réalité très hétérogène : alphabétisation, formation qualifiante, action dans les prisons ou à l’égard de toxicomanes, préparation de projets d’emploi,…

    La Communauté française considère comme prioritaire les projets ayant comme objectifs :

    - l’insertion socio-professionnelle des jeunes de 18 à 25 ans en difficulté, des personnes incarcérées et des demandeurs d’emploi peu qualifiés,
    - la formation continuée faite à distance,
    - la préparation professionnelle en vue de la création d’emploi,
    - l’information sur les formations et l’emploi,
    - la formation continuée des formateurs en vue des missions accomplies par les OISP

    Il y avait en 1997 68 OISP reconnues par la commission d’agrément sur base du décret du 17/07/1987. Un travail de clarification initié par le Ministre J.Cl . Van Cauwenberghe est en cours ; de même qu’une structuration du secteur avec l’appui des fédérations d’EFT, qui peuvent rejoindre les OISP.

  • démarche nouvelle combinant activités marchandes et non-marchandes :
    les EFT - entreprises de formation par le travail en Wallonie ou AFT - association de formation par le travail à Bruxelles.
    On compte quelques précurseurs antérieurs : Emmaüs, Terre, Science Service Travail, ... mais la majorité des projets démarrent au début des années 80.

    Quelques balises:

    - 1987 : décret réglementant les entreprises d’apprentissage professionnels
    - 1995 : décret EFT et ordonnance AFT : ces dénominations englobant anciennes EAP, asbl d’insertion et AID (actions intégrées de développement liées au MOC).

    Un postulat pédagogique fonde les EFT:

    les stagiaires ont vécu un rapport tellement difficile avec l’école qu’ils ne souhaitent en aucune manière renouveler l’expérience. Aussi la pédagogie s’appuie sur une interaction entre apprentissages théoriques et apprentissages en situation réelle de travail. Un accompagnement psycho-social est également assuré par l’EFT.
    La formation a donc pour but l’acquisition de compétences suffisantes pour être en mesure de postuler un emploi ou l’accès à une formation qualifiante.
    Les stagiaires ne peuvent être porteur du certificat d’enseignement secondaire inférieur ni, s’ils ont plus de 25 ans, bénéficier du minimex, être chômeur de longue durée ou réintégrer le marché de l’emploi (3 ans sans activité professionnelle ni perception d’allocations de chômage, d’attente ou d’interruption).
    Le programme de formation doit comporter pour chaque stagiaire au minimum 300 heures par an et s’étend sur une période maximale de 18 mois.

    Quelques chiffres :

    - 45 EFT + 6 AFT agréées actuellement
    - +/- 2.000 stagiaires en permanence
    - +/- 700 emplois d’encadrement.
    - le taux de réussite, (emploi ou suivi d’une formation qualifiante à la sortie) se situe généralement entre 40 et 50 %.
    - la part des ressources générées par le chiffre d’affaires varie le plus souvent entre 20 et 50%.
    A noter : les CPAS peuvent créer des EFT, c’est déjà le cas à Amay et à Mons et d’autres CPAS projettent de le faire.

    Document:

    - Traverses n° 131, mars 1998, Coup de Projo :" De l’insertion socio-professionnelle"
    - "Entre exclusion et intégration: L'intervalle formateur" Fondation Roi baudouin, 1996.


  • reprises d’entreprises par les travailleurs. L’origine de ces actions est le refus des travailleurs d’accepter la perte d’emploi que constitue l’arrêt des activités de leur entreprise. Ces reprises ont été rendues possibles grâce à l’appui des 2 principaux syndicats.

    La CSC avait même fait de l’autogestion un des axes prioritaires de l’ensemble de son programme d’actions en 1985. Elle a créé dans cette optique le Fondation André Oleffe, agence-conseil accompagnant ces reprises d’entreprises, et la SAVE, une coopérative de financement. Malheureusement, la plupart de ces entreprises n’ont pas tenu le coup et certains échecs furent même retentissants, comme ceux du Balai Libéré à Louvain-la-Neuve et des Galeries Namuroises. Il ne reste plus guère que les Textiles d’Ere a avoir traversé le temps.

    A la FGTB, l’ambition fut plus modeste et on ne proclama pas la doctrine de l’autogestion, mais plutôt celle du contrôle ouvrier. Quelques expériences choisies avec prudence reçurent le soutien de FOSODER à Verviers et de la Fondation André Renard à Liège, 2 agences-conseil mises sur pied par la FGTB. Cette stratégie fut couronnée de succès, ce qu’attestent des entreprises comme SOCOMEF, La Boulangerie Moderne de Jemappes, Tricoop,… et plus récemment M.T.M. et Recoplast.
    Tandis que la CSC s’est repliée sur un soutien indirect via l’agence-conseil SYNECO, plus axée sur le non-marchand, la FGTB maintient son investissement dans ce type de reprise.

    A souligner : Archipel, asbl créée par la CSC et la FGTB dans le cadre de la reconversion de Verlipack, a récemment mis sur pied la SCRL à finalité sociale DEMASS. Cette coopérative est active dans la démolition de bâtiments en vue du recyclage des matériaux de construction.

    Document :

    - Traverses n° 130, février 1998, Coup de Projo : Economie sociale et syndicats.

  • Une entreprise particulière, un exemple phare, TERRE (Herstal, Vivegnis, Fontaine-l’Evêque)

    * au départ, Terre est une ONG de coopération au développement qui a mené à bien et continue d’ailleurs à le faire, de nombreux projets dans le Sud. En 1980, suite aux problèmes sociaux aggravés de nos régions, Terre lance son projet Wallonie.

    * en une quinzaine d’années, près de 300 emplois ont été créés dans le recyclage du papier et du tissu ainsi que dans la mécano-soudure.

    * c’est à la fois une entreprise démocratique dont la vie est rythmée par les assemblées générales tenues chaque semaine par secteur d’activité, une entreprise d’insertion comportant 75% de personnes marginalisées dans son personnel et une entreprise respectueuse de l’environnement

    * Terre soutient la création de nouveaux projets en Belgique, mais aussi en France, en Espagne et au Portugal

    * chez Terre, l’application de l’esprit de l’économie sociale est radicale, en ce sens que personne ne dispose de la propriété de l’entreprise, les travailleurs n’en sont que les usufruitiers ayant la responsabilité de pérenniser l’activité économique.

    Documents :

    - vidéo et dossiers disponibles à SAW ou à TERRE (042/40.58.58).

    .
  • Les financements alternatifs, enfin, sont apparus suite au refus manifesté par des personnes que leur épargne soit utilisée par les banques à des fins contestables : dans le commerce des armes ou dans le régime , alors d’apartheid, de l’Afrique du Sud. Ce furent d’abord la création d’associations d’épargne de proximité, (actuellement : L’Aube, La Bouée, Les Ecus baladeurs, La Fourmi solidaire et le Pivot), qui, rassemblant l’épargne de leurs membres, la gère pour soutenir en priorité des projets à forte efficacité sociale dans leur région.

    Crédal naquit peu après. C’est une coopérative de crédit alternatif qui soutient des projets à même de prouver leur pertinence sociale et respectant les 4 principes éthiques promulgués par le Conseil wallon de l’économie sociale. Crédal a dépassé 100 millions d’encours de crédit fin 1997 et assure en plus un rôle d’agence-conseil.

    Le Réseau de Financement Alternatif, ou Réseau FA, est surtout connu pour l’épargne-cigale, résultat d’un accord avec la CGER générant une bonification d’environ 1% par an sur l’argent déposé en comptes ES, et ce au bénéfice des 60 associations membres du Réseau. Le Réseau Fa mène également un concours incitant les jeunes à développer des actions de solidarité (campagne Retrousses tes idées).

    Documents :

    - Traverses n°100, 1995, articles sur " L’argent autrement ".
    - Traverses n°133, mai 1998, Clé de Neuf : Chercher des sous : où et comment ? comprenant un tableau comparatif des différents crédits proposés.

    Sont également mentionnés dans ce Clé de Neuf d’autres organismes financiers actifs dans l’économie sociale : Bacob, Nagelmackers, le Crédit Communal de Belgique, la Sowecsom, la banque Triodos, Alterfin, Le Fonds Pauvreté, Cogep et Carolidaire, Fonds de développement de l'Économie sociale de la Région de Charleroi


 

Années 90

>Les entreprises d’insertion (E.I.): entreprises d’économie sociale qui ont pour finalité la création d’emploi pour demandeurs d’emploi particulièrement difficiles à placer (peu qualifiés et/ou chômeurs de longue durée)

  • Il s’agit d’un dispositif fédéral d’exonérations de cotisations patronales pour l’engagement du public visé (100, 75, 50 puis 25 % sur 4 ans), assorti d’un décret en Wallonie. A Bruxelles, un projet d'ordonnance est en cours. Ces mesures régionales complétent ou complèteront les aides fédérales par des primes dégressives (200.000 frs la 1ère année, puis 150.000, 100.000 et 50.000 les années suivantes) liées à l’engagement de personnes du public-cible et une intervention dans la rémunération du directeur.(750.000 frs, puis 500.000 et 250.000 la 3ème année)
  • Sont actuellement provisoirement reconnues : 7 à Bruxelles et +/- 40 en Wallonie.
  • Un dispositif-pilote a été mené pendant 3 ans pour 3 entreprises d’insertion bruxelloises et 7 en Wallonie, avec l’appui de la Fondation Roi Baudouin, des Régions et du Fonds social européen. Pour diverses raisons – précipitation dans la préparation des projets, manque d’entrepreneurs, contraintes de démarrer d’emblée avec 3 personnes en insertion ou manque d’accompagnement serré par les agences-conseil-, les 2/3 des participants au dispositif ont connu l’échec ou sont aux prises avec de graves difficultés.


    Documents :


    - Traverses n° 114, Clé de Neuf, octobre 1996.
    - " Entreprises d’insertion…entreprise sociale ", 6ème Matinée de l’économie sociale in Les actes des Matinées de l’économie sociale, tome II, SAW et Fondation Roi Baudouin, 1997.

>Création d’un nouveau statut : la société à finalité sociale (SFS) :

  • reconnaissance d’un but non lucratif même sous forme de société

  • finalité sociale définie et rapport de gestion quant à cette finalité

  • rémunération du capital nulle ou limitée

  • puissance votale plafonnée à 10 % ou 5% si au moins un travailleur participe au capital

  • tout travailleur, après 1 an, peut participer au capital

  • il ne s’agit pas d’un statut " sui generis ", mais d’un complément aux statuts de sociétés commerciales existantes

  • A ce jour, ce statut n’offre pas encore beaucoup d’avantages : pour l’essentiel, capital minimum réduit à 250.000 bef au lieu de 750.000 bef, impôt des personnes morales au lieu de l’impôt des sociétés pour les ETA et, en projet, pour les entreprises d’insertion

  • Il y a une +/- 30 SFS crées en Belgique à ce jour, les ¾ étant situées à Bruxelles ou en Wallonie.

    Document :

    - La société à finalité sociale, volets juridiques, fiscaux, sociaux et aides publiques, SAW, septembre 1998.

>les agences-conseil

  • étaient au nombre de 10 en 1990 quand elles ont été instituées et sont environ 25 actuellement. 60% d’entre elles sont affiliées à des réseaux.

    - Le Réseau de Febecoop, Fédération belge des coopératives de la famille socialiste
    - Le Réseau Syneco, membre du MOC, Mouvement Ouvrier Chrétien
    - Le Réseau RACINES, Réseau d’Agences-conseil Indépendantes de la Nouvelle Economie Sociale.

  • Leurs missions sont définies comme suit par les Arrêtés de subventions du Ministre-Président R. Collignon :
    - l’accompagnement et l’instruction de tout projet de création d’entreprises d’économie sociale, ainsi que le conseil aux entreprises existantes.
    - la contribution à la promotion du secteur, en étant présent sur le terrain social et économique et en participant activement aux activités socio-économiques dans la zone d’intervention de l’agence-conseil.

  • Un décret portant sur l’agrément, les missions et les subventions des agences-conseil est en préparation au Cabinet du Ministre-Président R. Collignon.
    En dehors des subventions accordées par le Ministère de l'Économie, les agences-conseil peuvent accéder à la mesure AR 258 pour la développement des PME.(postes subsidiés)

  • Certaines initiatives émergent en invitant à ne pas tout focaliser sur l’emploi:
    - ainsi en est-il des LET’S, réseaux d’échanges de bien et de services,
    - ou du bail à réhabilitation, système où un loyer est diminué ou supprimé en échange de travaux de rénovation de logements souvent réalisés par des personnes sans-emploi, qui valorisent ainsi leur temps libre.

>Conseil wallon de l’ Economie Sociale (CWES)

  • 1990 : création du Conseil wallon de l’ Economie Sociale (CWES), surtout connu pour son Rapport à l’Exécutif régional wallon sur la situation de l’économie sociale, dans lequel figure la définition devenue la définition de référence.

  • 1995 : dissolution du CWES

  • 1996 : 14 organisations fédératives rassemblées par SAW demandent la relance du CWES en le rattachant au CESRW (Conseil Economique et Social de la Région Wallonne)

  • 1998 : en juin, un projet d'Arrêté instituant un Conseil Wallon de l'Économie Sociale Marchande au sein du CESRW est passé en première lecture au Gouvernement Wallon. La limitation au caractère marchand, justifiée par l'existence d'une sous-commission non-marchand au sein de ce CESRW pose beaucoup de questions.


>Un secteur d’activité exemplaire, celui du réemploi et du recyclage des déchets .

  • C’est un secteur où l’économie sociale a joué un rôle de pionnier : que ce soit dans le papier, le tissu, les encombrants mobiliers ou d’autres déchets. Une trentaine d’initiatives d’économie sociale actives à Bruxelles et/ou en Wallonie ont mis sur pied en avril 1997, à l’initiative de SAW, la CWESAR (Coordination des entreprises d’économie sociale actives dans le réemploi et le recyclage). Elles ont pu ainsi réagir collectivement aux projets de plans wallons et bruxellois de gestion des déchets, développer une cellule commune de recherche/développement et promotion, et intensifier les partenariats et les soutiens aux projets émergents

  • Cette cohésion s’impose devant la ruée vers les nouveaux marchés de traitement des déchets que génèrent les politiques de préservations de l’environnement (fin du tout à la décharge ou à l’incinération) … et la frénésie de consommation de notre époque

  • Les projets développés ou en préparation traitent notamment les papiers, textiles, véhicules hors d’usage, déchets électriques et/ou électroniques, encombrants mobiliers, plastiques, liège,… Document :

- Traverses n° 136, Coup de projo : " Jeter, trier, créer ".


>financements et autres soutiens publics : la Sowecsom, Igretec et Spi+

  • La Sowecsom est une société parapublique, filiale de la SRIW, Société régionale d’investissement de Wallonie. Son objectif est le développement de l’économie sociale marchande, dans le respect des critères du CWES. Le terme marchand signifie qu’au moins la moitié des ressources de l’entreprise provienne des ventes sur la marché concurrentiel. Les entreprises doivent répondre également à certains critères définissant une taille maximale.
    La Sowecsom dispose d’une 1ère enveloppe de 300 millions de F, assortie de 150 millions pour un Fonds de garantie. Les interventions réalisées sont loin d’avoir épuisé ces montants car les demandes n’affluent pas assez.
    La Sowecsom, outre les prêts, a commencé à pratiquer des participations en capital.

  • Igretec, l’Intercommunale de développement économique du grand Charleroi est sur le point de créer un Fonds de développement de l’Economie solidaire - Economie solidaire est pris pour un synonyme d’Economie sociale- alimenté par divers financeurs pour offrir des prêts subordonnés, soit du quasi-capital à des porteurs de projets d’économie sociale.

  • Spi+ est l’Intercommunale de développement économique de Liège. Elle vient de mettre sur pied en son sein une cellule spécialisée pour l’appui à l’économie sociale.

>En conclusion, un répertoire des PME (selon les normes françaises, moins de 250 travailleurs) d’économie sociale et solidaire des régions wallonnes, bruxelloises et du Nord-Pas de Calais a été co-édité en septembre 1998 par la Fondation Roi Baudouin, Febecoop, Syneco, le GIEPP et SAW. Près de 500 entreprises y figurent. Les objectifs sont de faciliter les partenariats entre entreprises et d’assurer la promotion de leurs biens et services auprès des consommateurs.

Ces produits proviennent des secteurs suivants :

  • agriculture
  • horticulture, espaces verts et jardins
  • agro-alimentaire
  • bâtiments-matériaux
  • bâtiments-entreprise
  • textile-habillement
  • fabrications métalliques
  • énergies alternatives
  • nouvelles technologies
  • récolte, tri et valorisation des déchets,
  • environnement
  • travaux forestiers
  • bois et ameublement
  • presse et édition
  • santé
  • bureaux d’études et de conseils
  • prêts et financements
  • restauration
  • services à domicile
  • tourisme, culture et loisirs
  • transport et déménagement
  • travaux de maison
  • distribution alimentaire
  • horeca
  • distribution non-alimentaire


 

ANNEXE

19 initiatives locales de développement et d’emploi répertoriées par la Commission Européenne:

  1. les services à domicile
  2. la garde des enfants
  3. les nouvelles technologies de l’information et de la communication
  4. l’aide aux jeunes en difficulté et l’insertion
  5. l’amélioration du logement
  6. la sécurité
  7. les transports collectifs locaux
  8. la revalorisation des espaces publics urbains
  9. les commerces de proximité
  10. le tourisme
  11. l’audiovisuel
  12. le patrimoine culturel
  13. le développement culturel local
  14. la gestion des déchets
  15. la gestion de l’eau
  16. la protection et l’entretien des zones naturelles
  17. le contrôle de la pollution
  18. le sport
  19. la maîtrise de l’énergie

Soutenu par :

Prix de l'Economie Sociale
Credal - L'argent solidaire
Saw-b
Prix de l'Economie Sociale

Site web réalisé par :


Ages

Newsletter








Econosoc - Ages 2004-2013 - Optimisé pour une résolution de 1024x768 ou supérieure - Haut de page
Dernière mise à jour: Jeudi 23 mai 2013